Taxe d'acquisition en Israël 2026 - Guide pratique
- Maayan ABIHSSIRA Avocate & Notaire
- 21 juil.
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 9 août

La taxe d'acquisition en Israël est calculée en fonction de plusieurs critères fixés par l'administration fiscale.
Début juillet 2026, un avion transportant 128 nouveaux immigrants en provenance de France a atterri à l’aéroport Ben Gourion.
Les chiffres publiés par l’Agence Juive et le ministère de l’Alya et de l’Intégration montrent qu’il ne s’agit pas d’un événement isolé mais d’une tendance de fond : 1 097 olim de France en 2023, 2 234 en 2024, plus de 3 300 en 2025 - et, depuis le début de l’année 2026, plus de 2 500 nouveaux dossiers d’alya ouverts en France, soit une progression d’environ 30 % par rapport à la même période l’an dernier.
Presque chaque famille qui se prépare à l’Alya se pose, tôt ou tard, la même question : faut-il acheter un appartement en Israël dès maintenant, ou attendre ? La réponse mérite de commencer précisément par la question du mas rekhicha - les droits d’acquisition - car c’est souvent là que se joue l’écart financier le plus significatif.
L’avantage fiscal accordé aux olim : que prévoit le droit actuel ?
Jusqu’en août 2024, les olim disposaient d’un régime ancien : un impôt de 0,5 % jusqu’à un plafond d’environ deux millions de shekels et de 5 % au-delà.
Ce régime profitait surtout aux acquéreurs de biens de grande valeur ; pour un appartement de prix courant, il pouvait se révéler plus coûteux que le barème applicable à un résident israélien achetant sa résidence unique
Le 15 août 2024, un amendement aux règlements sur la fiscalité immobilière est entré en vigueur, qui a profondément modifié la situation. Selon le nouveau régime, l’oleh qui acquiert un logement unique acquitte l’impôt comme suit (barème en vigueur en juillet 2026) :
Valeur du bien - Taux applicable à l’oleh:
Jusqu’à 1 978 745 ₪ - Exonération totale (0 %)
De 1 978 745 à 6 055 070 ₪ - 0,5 % seulement
Au-delà de 6 055 070 ₪ - Barème ordinaire de la résidence unique
Deux réserves méritent toutefois attention:
La première - lorsque la valeur du bien excède 20 183 565 ₪, l’avantage ne s’applique pas du tout.
La seconde - celui qui a fait son alya avant le 15.8.2024 et n’a pas encore acheté peut choisir entre l’ancien et le nouveau régime ; et il arrive, contre toute attente, que l’ancien régime soit plus favorable - par exemple lorsqu’il ne s’agit pas de son logement unique.
L’avantage en chiffres
Prenons le cas d’une cliente que j’ai reçue cette semaine à mon cabinet : une nouvelle immigrante (Olah) arrivée de Paris, qui acquiert un quatre pièces à Netanya pour 3 millions de shekels.
Sous le régime ordinaire de la résidence unique, ses droits d’acquisition se seraient élevés à environ 45 500 ₪ ; grâce au régime des olim, elle n’acquittera qu’environ 5 100 ₪. Soit un écart de plus de 40 000 shekels.
L’avantage n’est cependant pas accordé d’office. Il doit être demandé dans le cadre de la déclaration fiscale immobilière déposée après la signature du contrat, et il n’est accordé qu’une seule fois pour l’achat d’un logement d’habitation.
La fenêtre d’éligibilité : un an avant l’Alya, sept ans après
Le droit à l’avantage s’applique à toute acquisition réalisée entre un an avant l’alya et sept ans après (la période de service militaire ou national n’est pas décomptée). Pour les familles de France, la portée pratique est considérable : il est possible de conclure l’acquisition alors que vous résidez encore en France (que vous habitiez Paris, Marseille, Lyon ou toute autre ville), à condition que l’alya intervienne dans l’année suivant l’achat.
Point tout aussi essentiel : le résident étranger qui acquiert un appartement en Israël hors du régime des olim ne bénéficie pas, en principe, du barème allégé de la résidence unique, et peut se voir imposer au taux de 8 % dès le premier shekel - soit 240 000 ₪ pour un bien de 3 millions. Le calendrier de l’opération n’est pas un détail technique ; il peut faire la différence entre l’avantage plein et l’imposition pleine.
Acheter à distance : possible, mais avec rigueur
De nombreuses transactions se signent aujourd’hui alors que les acquéreurs résident encore en France. La chose est tout à fait possible, à condition de veiller à trois éléments:
Le premier : une procuration établie dans les formes. La signature à distance exige une procuration notariée et, si elle est signée en France, une légalisation par apostille. Une rédaction imprécise est l’une des causes fréquentes de retard dans l’inscription des droits au registre foncier (tabou).
Le deuxième : les vérifications préalables. Extrait à jour du registre foncier, vérification des hypothèques et des mentions d’avertissement, examen de la situation d’urbanisme et repérage d’éventuelles constructions irrégulières ; et, pour un achat sur plan auprès d’un promoteur, contrôle de l’accompagnement bancaire et des garanties prévues par la loi sur la vente.
Le troisième : le transfert des fonds. Les virements de montants importants depuis un compte bancaire français exigent une préparation en amont auprès des banques des deux côtés : justificatifs sur l’origine des fonds, suivi du taux de change euro-shekel, et coordination minutieuse avec les échéances de paiement fixées au contrat. Un retard de virement bancaire ne constitue pas une défense contre un grief d’inexécution.
L’erreur qui revient sans cesse
L’erreur la plus fréquente consiste à acheter un « petit bien d’investissement » avant l’alya, avec l’intention d’acquérir le véritable logement familial plus tard. On découvre alors que le second appartement n’est plus un « logement unique », et que l’avantage s’est évanoui. Une planification avisée de l’ordre des acquisitions peut économiser des centaines de milliers de shekels.
Autre erreur : croire que l’avantage « attendra ». Sept années passent plus vite qu’on ne l’imagine, entre l’intégration, un nouvel emploi et l’apprentissage de la langue, et le droit s’éteint sans le moindre avertissement.
En conclusion
La vague d’alya de France est une véritable opportunité, pour les familles comme pour le marché immobilier israélien. Mais entre l’émotion et la signature, mieux vaut se souvenir du proverbe français bien connu, « mieux vaut prévenir que guérir », et de la sagesse de nos maîtres : « Songe à la fin dès le commencement » ("Sof maassé bemahchava tehila"). Une heure de conseil avisé, au bon moment, vaut parfois des dizaines de milliers de shekels.
Me. Maayan ABIHSSIRA, Avocate et Notaire
Les développements qui précèdent constituent une information générale, à jour en juillet 2026, et ne sauraient remplacer un conseil juridique individualisé. Les montants et taux sont fondés sur les règlements et barèmes en vigueur à la date de rédaction.





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